Le Vieux Port, miroir de l’histoire

Au sein de l’ombre protectrice de la Citadelle, sous l’égide du clocher de l’église Saint-Jean-Baptiste, le Vieux Port de Bastia dévoile avec élégance les reflets des immeubles toscans qui s’érigent en amphithéâtre autour de l’anse. Derrière le môle génois du XVIe siècle, ce havre d’authenticité méditerranéenne préserve son charme intemporel. Les quais offrent aux regards curieux les façades colorées des maisons, polies par les vents marins, serrées les unes contre les autres et surplombant les terrasses des restaurants et des cafés.

Tout au long de l’année, la vie foisonne dans cette marine animée où il fait bon s’attarder autour d’un verre sur les quais, bercée par le rythme des cafetiers, des plaisanciers et des pêcheurs qui réparent leurs filets dès l’aube. Ce quartier typique et profondément vivant, où se côtoient yachts et barques de pêche polychromes, invite à la flânerie à chaque instant. Sur le quai sud, le Mantinum, théâtre de verdure en forme de belvédère, fait office de trait d’union entre le Vieux-Port et la Citadelle, offrant une vue imprenable sur la Méditerranée.

Le Palais des Gouverneurs, témoin des siècles passés

La naissance du castello della bastia et l’histoire du Palais des Gouverneurs sont intimement liées à celle de la création de Bastia, à l’époque de la domination génoise de la Corse. Alors que les gouverneurs siègent au village de Biguglia, Leonello Lomellini décide en 1380 de bâtir une petite fortification, la bastia ou castello della bastia, sur un promontoire rocheux près de l’anse de Ficaghjola et de la marine de pêcheurs de Portu Cardu. Ce lieu fortifié, proche du rivage, vise à favoriser le commerce et à accueillir des renforts de Gênes si nécessaire.

La bastia connaît une histoire mouvementée dès sa création, passant de mains en mains, avant d’être récupérée par Gênes en 1437 et de rester génoise jusqu’à la conquête française. Un siècle après sa création, la modeste tour initiale devient lieu de résidence des gouverneurs. Le palais, alors siège de la cour de justice, abrite les appartements du gouverneur, une caserne pour les soldats, plusieurs chapelles et des prisons insalubres, ainsi que des citernes pour le ravitaillement en eau. Après l’annexion française en 1768, les lieux sont abandonnés et le palais accueille successivement le Conseil Supérieur de la Corse, le siège du Directoire départemental et des troupes à partir de 1794, avant d’être occupé par les Allemands et d’être en partie détruit.

La majestueuse Citadelle

Au XIVe siècle, les Génois fondèrent la Citadelle de Bastia, alors que Biguglia était la capitale de la Corse. Cependant, ils trouvèrent ce lieu peu commode et exposé aux dangers. Ainsi, en 1380, le gouverneur Leonello Lomellini décida de bâtir un fort, nommé Castello della Bastia ou Il Fortino, sur un éperon rocheux dominant deux ports. De nos jours, l’actuel Vieux-Port, anciennement appelé Portu Cardu, et l’anse de Ficaghjola, autrefois Portu Vechju, en sont les témoins. En 1475, le podestà Antonio Tagliacarne entama la construction d’une vingtaine de maisons, donnant naissance au quartier de Terra Nova, en contraste avec Terra Vechja, qui correspond au quartier actuel du Vieux-Port. De la première fortification, il ne subsiste rien, mais la tour du Fortino, qui donna son emblème à la ville, est toujours présente sur les armoiries de Bastia.

L’illustre Cathédrale Sainte-Marie

Ancien siège du diocèse de Mariana entre 1570 et 1802, la pro-cathédrale Sainte-Marie de Bastia est un édifice prestigieux. Les cérémonies de passation des pouvoirs entre gouverneurs y avaient lieu, et l’évêque et le gouverneur y siégeaient face à face. Classée monument historique depuis le 3 février 2000, elle est également appelée Santa Maria ou Santa Marì en corse.

La conviviale Place Saint-Nicolas

Véritable lieu de rencontre des Bastiais, la place Saint-Nicolas est un espace de vie et de détente où se côtoient jeunes et moins jeunes. Accueillant diverses animations tout au long de l’année, elle est ornée d’un kiosque à musique et offre un marché aux puces chaque dimanche matin. Son nom provient d’une chapelle médiévale dédiée à saint Nicolas, située à proximité d’un hôpital pisan. La place abrite également un monument aux morts et une statue de Napoléon en empereur romain.

Les pittoresques rues commerçantes

Plongez au cœur de l’authenticité corse et de l’ambiance méditerranéenne en déambulant dans les charmantes ruelles du centre-ville de Bastia. Au fil de ces rues étroites et pavées, découvrez les boutiques, ateliers d’artistes et artisans locaux, ainsi que les saveurs locales dans les nombreux restaurants et bars à vin. Admirez les façades colorées et les balcons en fer forgé, témoins du charme incontestable de ces ruelles.

L’imposante église Saint-Jean-Baptiste

Construite entre 1636 et 1666, l’église Saint-Jean-Baptiste est la plus vaste de Corse. Ses campaniles furent ajoutés au XIXe siècle. L’intérieur du sanctuaire est orné de nombreuses œuvres d’art, telles que le tabernacle en argent du maître-autel, réalisé par l’orfèvre siennois Gaetano Macchi, et un surprenant groupe de stuc représentant la Circoncision du Christ. L’impressionnante tribune d’orgue en « nid d’hirondelle » date de 1742 et est décorée de trois tableaux illustrant des scènes de la vie de Saint-Jean-Baptiste. La fête de la Saint-Jean, associée au solstice d’été, est célébrée par un feu de joie à Bastia, le soir du 23 juin, près des remparts de la Citadelle, au bord du bassin du Vieux-Port.

L’émouvant Oratoire Sainte-Croix

Durant l’époque génoise, Bastia était scindée en deux paroisses : Terra Nova, dépendant de l’église Sainte-Marie-de-l’Assomption, et Terra Vechja, dépendant de l’église Saint-Jean-Baptiste. La confrérie de Sainte-Croix, ou Santa Croce en corse, était la plus importante de Terra Nova. Elle avait pour mission la gestion de l’hôpital voisin, appelé l’hôpital génois, destiné aux pauvres, infirmes et enfants trouvés. Cet édifice, longtemps désaffecté, a été transformé en résidence.
Connue depuis le début du XVe siècle, la confrérie Sainte-Croix fit construire, avec une autorisation papale, une chapelle en 1542 sur un terrain appartenant à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome. L’oratoire actuel fut édifié en 1600, en lieu et place de l’ancienne chapelle, plus petite et détruite. Classé monument historique en 1931, l’Oratoire Sainte-Croix témoigne de l’histoire religieuse et sociale de Bastia.